1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Back | Programme: Politique sociale et développement

Migration and Social Development: Organizational and Political Dimensions



Ces dernières années, les migrants ont accentué leurs pressions collectives sur les gouvernements, des pays d’émigration et d’immigration, pour qu’ils traitent de diverses questions et préoccupations touchant à la migration et au travail. C’est ce qu’il ressort d’études récentes consacrées à ce sujet et de “l’action” concrète entreprise par diverses organisations de la société civile (OSC). Comme les politiques publiques tendent à attribuer un rang de priorité assez bas aux populations migrantes, les associations de migrants, les syndicats et d’autres OSC compétentes ont un rôle important à jouer pour fournir des services essentiels et plaider la cause politique des migrants, mettre leurs problèmes en lumière, rôle que leur reconnaissent tant les universitaires que les décideurs politiques.

Les différents types d’organisations qui s’engagent sur le terrain de la migration ont leurs forces et leurs faiblesses, qui sont liées à leur histoire et à la nature des institutions. On a vu apparaître ces dernières années de nouvelles stratégies, qui ont pris la forme de changements de politique au sein des organisations, de réformes et d’alliances entre organisations, tant au niveau national qu’au niveau international. La question est de savoir dans quelle mesure ces évolutions réussissent à intégrer le paysage mouvant de la migration économique dans un militantisme politique soucieux de justice sociale—et si elles se rattachent aux préoccupations générales du développement social en tentant de traiter des causes et des conséquences de la migration internationale.

Comme la migration est de moins en moins réductible aujourd’hui à une démarche unique (le départ de son pays pour s’installer ailleurs) mais se caractérise au contraire par une grande fluidité et insécurité, il faut établir des relations transnationales, sinon mondiales, pour répondre aux préoccupations et aux doléances des migrants. La féminisation de la migration et le cantonnement d’une grande majorité de femmes dans des emplois du secteur informel sont d’autres phénomènes que les organisations traditionnelles telles que les syndicats ont longtemps négligés.

En procédant à une évaluation générale de l’état de la recherche sur les dimensions politiques de la migration, en particulier sur les flux migratoires intrarégionaux entre pays non occidentaux, ce document poursuit essentiellement les objectifs suivants: a) mettre en évidence les liens organisationnels et politiques qui pourraient avoir une incidence sur le développement social entendu au sens général, et en particulier sur la politique sociale et les services offerts; b) suggérer une grille d’analyse qui rassemble un certain nombre de concepts et de perspectives jugés pertinents etc.) indiquer des sujets sur lesquels pourraient porter les recherches futures.

L’auteur de ce document enquête sur les divers mécanismes formels et informels par lesquels les migrants peuvent tenter et tentent effectivement d’influencer les structures politiques et la prise de décision aux niveaux local, national et régional dans les pays d’origine et de destination. Son objectif est plus précisément d’étudier dans quelle mesure et de quelle manière les migrants tentent d’influer sur la politique sociale et les services offerts, dans les pays d’émigration et d’immigration, par les organisations qui défendent les intérêts des migrants, de leurs familles et de leurs communautés. L’analyse montre que ces processus et le choix de certaines organisations ou les obstacles qui les rendent inaccessibles sont déterminés par diverses structures d’opportunités.

Le document se divise en trois parties. La première expose la grille d’analyse théorique, qui s’inspire surtout de la science politique et de la littérature sociologique sur le militantisme politique et les mouvements sociaux. Elle se réfère aussi aux travaux universitaires sur les relations professionnelles dans son évaluation générale de la main-d’œuvre comme force sociale, dont les travailleurs migrants sont une catégorie particulière. Cette partie du document traite des divers types d’organisations qui militent pour la justice sociale, c’est-à-dire les syndicats et les organisations non gouvernementales ou communautaires, et qui participent à la lutte pour l’affectation de ressources et à la prise de décision en essayant d’entrer dans les instances décisionnaires par le biais d’institutions publiques.

La deuxième partie rattache cette grille à la situation spécifique des travailleurs migrants étrangers et propose un résumé de la littérature existante sur les diverses organisations préoccupées des problèmes des migrants, afin d’essayer d’évaluer la capacité de ces organisations à influencer les processus décisionnaires. Dans la troisième et dernière section, l’auteur passe de ce résumé aux questions laissées en suspens par les travaux universitaires pour suggérer des orientations de recherche pour l’avenir.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 15 May 2009
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8208
    From: UNRISD