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The Rise and Development of the Global Debt Movement: A North-South Dialogue



Depuis des décennies, la question de la dette est restée en tête des préoccupations des organisations et mouvements de la société civile à travers le monde, lorsqu’elle n’en était pas la préoccupation essentielle. Le problème de la dette est une mosaïque fascinante de rapports de force et de jeux politiques sur un plan mondial, exacerbés par la cupidité et la méfiance. Elle montre aussi les conséquences dévastatrices des déséquilibres systémiques de l’économie mondiale. Du point de vue de la société civile, ces conséquences ont entraîné des souffrances humaines et diminué les chances de ceux qui les ont subies.

Les organisations de la société civile qui s’intéressent à la question de la dette sont d’une incroyable diversité: elles vont des organisations centrées sur une seule question comme le VIH/SIDA aux églises en passant par les groupes radicaux et les universitaires. A l’intérieur de ces mouvements, la ligne de partage la plus évidente et, en conséquence, le premier germe de discorde, est le regard porté sur l’aide au développement, considérée ou sous l’angle de la charité ou sous celui d’un appel pour la justice dans le monde.

Dans le Sud, la société civile plaide pour une annulation immédiate et complète des dettes en invoquant les droits de l’homme, la justice morale et la dette historique du Nord envers le Sud, et présente parfois le problème de la dette comme un mécanisme de recolonisation. Dans le Nord, des mobilisations massives ont attiré l’attention des gouvernements créanciers et amené les médias à lancer des appels en faveur du règlement du problème de la dette illégitime. Même si des mouvements de la société civile ont dénoncé la charge que représente la dette pour les pays en développement, il n’a pas encore été pris de mesures efficaces pour régler ce problème. Et bien que ceux qui font campagne veuillent tous trouver une solution au problème de la dette du Sud, ils ne sont pas d’accord sur les moyens à employer.

Telles sont dans les grandes lignes les différences d’approche entre le Nord et le Sud, qui se sont accentuées à la suite de la scission de la campagne Jubilé en 2000. Cela dit, le travail des organisations de la société civile sur la dette constitue un cas d’école en montrant la nécessité pour le Nord et le Sud de coopérer pour établir les faits, produire un savoir et exercer des pressions politiques. Si l’inscription d’une question à l’ordre du jour politique est un indice de succès pour la société civile, les mouvements sur la dette ont très bien réussi. De plus, l’action menée par les organisations de la société civile ont sensibilisé le public au problème de la dette. Cependant, en réalité, la charge de la dette ne s’est que légèrement réduite et elle est aujourd’hui trois fois plus importante qu’elle ne l’était dans les années 80. Les chiffres montrent que les pays endettés ont remboursé, en intérêts, le capital dû aux institutions financières internationales. Cet argument sert à présenter la dette comme un problème politique plutôt qu’économique. Il n’en reste pas moins que les arguments historiques et moraux, entre autres, avancés par la société civile devraient être revisités en fonction de leur utilité potentielle.

Les auteurs évoquent dans leur étude plusieurs sujets sur lesquels pourrait porter la recherche tels que les conséquences pratiques de l’annulation des dettes, les mécanismes qui entretiennent le problème de la dette et les moyens de les enrayer. On devrait réfléchir à ces questions dans le cadre d’un développement de structures alternatives pour l’économie mondiale.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 19 Jan 2007
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8178
    From: UNRISD