1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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The Political Economy of Market-Based Land Reform



Ce document se sert de l’approche de l’économie politique pour examiner les changements relatifs à la politique concernant le régime foncier par rapport à la réforme de redistribution des terres à la fin des années 1980. L’attention est portée sur les changements visibles dans le développement des objectifs et instruments politiques pour réduire rapidement la pauvreté dans le monde rural et la concentration des terres par un transfert des droits de propriété vers le marché de base. Il insiste sur l’usage efficace des ressources et l’augmentation de la production, sans tenir compte des conséquences de la répartition. En se basant sur une évidence empirique, il examine de façon quantitative l’étendue et la vitesse auxquels changent les niveaux de pauvreté, les sans terres, l’inégalité dans la taille des terres distribuées, et la production alimentaire totale et par tête d’habitant.
    Cette étude se divise en cinq grandes parties. Les parties I et II définissent les termes clés utilisés et les principes de base concernant le choix politique et l’accès à la terre. Dans la partie III, ces principes sont appliqués à l’examen d’expériences spécifiques par pays dans un contexte historique. Quant à la mise en oeuvre de réformes agraires basées sur le marché, les expériences du Brésil, de la Colombie, du Kenya, des Philippines et de l’Afrique du Sud sont brièvement passées en revue. Elles sont suivies par une évaluation des effets de la privatisation du régime foncier coutumier sur la production agricole comme sur la concentration de terres en Côte d’Ivoire, Malawi et Ouganda. La mise en oeuvre de ces programmes basés sur le marché est considérée comme faisant partie des politiques de libéralisation des marchés et d’ajustement structurel adoptées par le FMI et la Banque mondiale, accompagnées de lourdes dettes extérieures. Les données disponibles indiquent une augmentation des inégalités, la chute de la production alimentaire et de la moyenne calorique par personne dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne dans lesquels la privatisation des propriétés communes coutumières a eu lieu. Une évidence empirique fait penser que la plupart des acheteurs sont des politiciens, des hautes personnalités gouvernementales, des spéculateurs fonciers urbains qui connaissent la loi et les procédures d’enregistrement, et qui ont des contacts avec les institutions de crédit et les experts géomètres.

    Dans la partie IV deux points critiques sont formulés: Si les tendances actuelles d’un accès à la terre basé sur le marché, associés à la croissance de la population et aux coupes budgétaires dans les dépenses publiques devaient continuer au cours du vingt-et-unième siècle, quel serait le sort des centaines de millions de sans terres et de pauvres ruraux presque sans terres? Est-ce qu’un ouvrier sans terre vivant d’un salaire pourra se payer une terre au cours de sa vie? Combien de temps cela prendra t’il pour qu’un travailleur puisse acheter de la terre sur un marché ouvert en utilisant une partie ou la totalité de son salaire journalier? Une évidence empirique semble montrer une opportunité virtuelle zéro d’acheter une terre sur un marché imputable: (i) à l’existence d’une tendance à la baisse dans la disponibilité des terres agricoles par personne travaillant dans l’agriculture, spécialement dans les années 1980-96, suite à une urbanisation rapide et aux coupes budgétaires dans les dépenses publiques pour l’irrigation; (ii) à l’inflation dans les prix de vente de la terre combinée avec la baisse des salaires journaliers en termes réels et l’augmentation du coût de la vie; (iii) à l’augmentation de la demande de terre qui n’est pas considérée ici comme un facteur de production mais uniquement comme une attraction sociale (une manière sûre de maintenir le bien-être et gagner des avantages politiques et sociaux ainsi que la sécurité alimentaire pour la famille); (iv) à des hypothèques sur la terre impossibles à obtenir et un risque élevé d’emprunt de capital pour les ouvriers sans terre et les paysans très pauvres.

    Dans la dernière partie, certaines hypothèses derrière l’approche du marché de la terre sont discutées, en particulier lorsque l’on voit le marché de la terre non pas comme une institution sociale mais juste comme un méchanisme économique équilibrant l’offre et la demande tout à fait isolé culturellement. Certaines voies sont proposées pour rendre l’approche du marché de la terre réalisable et socialement acceptable, en gardant en mémoire le rôle crucial des représentants des travailleurs ruraux ainsi que les récentes estimations alarmantes de l’augmentation du nombre de pauvres ruraux, d’ouvriers sans terre et d’enfants sous-alimentés, spécialement au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne.
    • Publication and ordering details
    • Pub. Date: 1 Jun 1999
      Pub. Place: Geneva
      ISSN: 1012-6511
      From: UNRISD