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Decentralizing Government and Centralizing Gender in Southern Africa: Lessons from the South African Experience



La décentralisation est souvent présentée comme un moyen important d'élargir la représentation et la participation politique des femmes. Cependant, les avantages que tirent les femmes d'un transfert de pouvoir aux autorités locales ne sont pas toujours évidents. L'auteur commence par poser l'hypothèse que le pouvoir local se trouve dans une situation ambiguë. Comme partie de l'Etat la plus proche de la population et de la société civile organisée, l'autorité locale peut laisser une plus grande place aux femmes, qui doivent souvent se borner, du fait de leurs responsabilités domestiques, à exercer des fonctions publiques près de chez elles, mais de part cette proximité, l’autorité locale peut aussi être trop proche des institutions sociales. En Afrique, celles-ci peuvent être profondément patriarcales, comme le montre par exemple le rôle que jouent les autorités traditionnelles à la fois dans la vie quotidienne de la communauté et dans le gouvernement local. Lorsque les autorités locales résistent à un changement social progressif, il vaut peut-être mieux ne pas compter sur elles pour travailler à l'instauration de l'équité entre les sexes, en particulier dans les pays où les femmes progressent dans les institutions officielles de l'Etat. Elles constituent donc le test suprême non seulement de la décentralisation démocratique mais plus généralement de l’ouverture de la démocratie aux femmes.

Ces arguments sont repris dans le contexte d'une étude de la décentralisation et de la démocratie locale en Afrique australe. Une étude de l'Angola et du Mozambique, qui ont tous deux connu une longue guerre civile, et du Zimbabwe et de la Zambie, pays fragiles secoués à des degrés divers par des conflits dus aux tensions économiques, donne une vue d'ensemble des problèmes de la région. L'auteur se livre ensuite à un examen plus approfondi du cas de l'Afrique du Sud, qui a connu une transition relativement stable depuis l'apartheid, transition qui s'est accompagnée d'une volonté d'intégrer les femmes à la vie politique et de tenir compte de leurs préoccupations dans l'élaboration des politiques en général. Il est démontré ici que même dans le meilleur des scénarios, qui est apparemment celui pour lequel a opté l'Afrique du Sud, il est difficile d’organiser la vie démocratique locale et les services de manière à tenir compte des différences entre les sexes. L'auteur en tire deux conclusions. La participation effective des femmes à la gouvernance locale est tenue pour acquise tant dans l'approche des partis politiques que dans la manière dont les femmes sont organisées au niveau local. Cependant, même lorsque les femmes sont bien organisées et représentées au niveau local, l'association étroite entre décentralisation et politiques néolibérales réduit à néant la perspective de voir offrir aux femmes, comme aux hommes, des services qui répondent à leurs besoins propres.

Jo Beall est directeur de l'Institut des études du développement (DESTIN) à la London School of Economics and Political Science, Royaume-Uni.

  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Aug 2005
    ISSN: 92-9085-061-2
    From: UNRISD