1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Back | Programme: Société civile et mouvements sociaux

NGOs and Social Movements: A North/South Divide?



Ce document porte sur les institutions contemporaines que l’on regroupe sous l’appellation générale d’organisations non gouvernementales (ONG) et sur les mouvements sociaux. L’auteur met l’accent sur les différences d’approche politiques et se pose la question de savoir en quoi ces différences coïncident avec des distinctions géographiques entre le Nord et le Sud. Les différences d’approche tiennent aussi aux différences de types d’analyse et de propositions stratégiques, bien que de nombreux mouvements sociaux et ONG s’entendent sur la nécessité de changer l’ordre politique et économique mondial. Si certains mouvements sociaux et ONG contestent les politiques menées, d’autres contestent le pouvoir, résultat d’analyses différentes des phénomènes liés à la mondialisation. Ces divisions sont évidentes dans le mouvement Jubilé 2000, par exemple, où les ONG se concentrent dans une large mesure sur des buts spécifiques à atteindre pour des pays précis qui réclament la remise de la dette; le mouvement Jubilé Sud, plus lié à des organisations sociales, a souligné avec insistance l’illégitimité de toute dette, réclamé l’annulation de la dette et prôné le refus d’honorer ses dettes. Dans le domaine du commerce international, on peut faire des distinctions entre les réformateurs, essentiellement du Nord, qui réclament “l’accès au marché” et ceux, principalement du Sud, qui exigent l’abandon du modèle de développement axé sur les exportations. L’une des grandes questions que se pose l’auteur de ce document est de savoir si les mouvements sociaux (résistance de masse) peuvent absorber les ONG et leur donner une orientation nouvelle ou si l’on assiste à une “ONGisation” des mouvements et de la vie politique.

Beaucoup de ces tensions et coïncidences se reflètent dans le Forum social mondial (FSM). L’auteur traite des enjeux politiques du FSM et analyse le débat que suscite son avenir. Il s’intéresse à la dimension pédagogique que revêtent les manifestations du FSM, ainsi qu’au défi qu’il lance aux modèles et cultures politiques existants. Il relève que le Forum semble rejeter l’organisation exclusive de la vie politique autour de l’Etat-nation, alors qu’en même temps, des acteurs de premier plan participant au Forum continuent à accorder une importance considérable à cette notion de l’Etat. Il englobe aussi les ONG et les mouvements sociaux dans son champ d’étude lorsqu’il traite de la difficulté générale de transformer les espaces ouverts par le FSM en un large mouvement qui relierait des situations réelles de résistance à travers le monde aux manifestations du Forum. Celui-ci deviendra-t-il plus qu’un simple espace ou un “supermarché d’idées”, capable d’articuler de nouveaux modes d’action et de susciter des alliances assez fortes pour faire front à la structure mondiale du pouvoir?

Cette étude cherche à aller au-delà des dénonciations rituelles du néolibéralisme et, ce faisant, souligne que le FSM contribue à la prise de conscience d’un nouveau mouvement ou mouvement des mouvements, et aux efforts tendant à dépasser à la fois la fragmentation des luttes locales et la négation simple et souvent simpliste du néolibéralisme dans ses dimensions économiques, militaires et socioculturelles.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Jun 2006
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8178
    From: UNRISD