1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Barricades and Boardrooms: A Contemporary History of the Corporate Accountability Movement



Dans le contexte du débat qui va en s’intensifiant sur les conséquences de la mondialisation et la résistance à cette évolution, cette étude montre que le pouvoir des grandes sociétés fait obstacle au développement dans le monde mais que des changements considérables pourraient avoir lieu à mesure que les pays s’attaquent à ce problème. Elle traite de la réaction de la société civile européenne et nord-américaine au pouvoir des grandes entreprises et de l’émergence d’un nouveau mouvement militant pour des entreprises comptables de leurs actes.

Jem Bendell traite ici des origines de l’entreprise moderne et de la façon dont elle a modelé diverses dimensions de la vie moderne au travers de son influence sur les gouvernements et les médias. Il explique que la notion actuelle de développement mondial porte elle aussi la marque des grandes sociétés et que, de ce fait, une critique de cette notion ne va pas sans répercussions majeures sur la politique du développement et les recherches dans ce domaine.

Afin de remettre en situation les événements récents, l’auteur retrace l’échec des diverses tentatives qui ont été faites, au niveau national et international, pour restreindre ce pouvoir au cours du XXème siècle. L’expansion qu’a connue la société civile dans le monde au cours des dernières décennies a changé la donne et a ouvert des possibilités nouvelles d’affronter le pouvoir des sociétés commerciales. Jem Bendell analyse tout un éventail de relations qui se sont tissées entre entreprises et groupes de la société civile, y compris l’importance nouvelle accordée de ce fait à la responsabilité sociale des entreprises. Il étudie les limites des initiatives volontaires prises par les entreprises et leur incapacité à résoudre les problèmes systémiques de l’économie mondiale. Cependant, il fait valoir que l’importance même accordée à la responsabilité sociale des entreprises peut être porteuse d’espoir si elle peut amener leur pouvoir à s’exercer désormais à résoudre ces problèmes systémiques.

Il décrit les diverses dimensions du mouvement militant pour des entreprises comptables, analyse divers regards portés sur le pouvoir des entreprises, envisage un éventail d’initiatives destinées à les responsabiliser, et passe en revue les possibilités d’un dialogue engagé avec elles pour transformer l’économie politique mondiale, ainsi que les paradoxes inhérents à cette démarche.

Jem Bendell signale d’autres défis que doivent relever les partisans de la responsabilisation des entreprises, notamment l’efficacité douteuse en la matière des mécanismes intergouvernementaux et des tribunaux. Il décrit l’interdépendance de plus en plus étroite des contraintes volontaires et des règles obligatoires, les unes étant cruciales à l’efficacité des autres lorsqu’il s’agit d’obtenir une vraie responsabilisation des entreprises, entendue comme la capacité des personnes concernées par une entreprise d’en réglementer les activités. Parmi les difficultés à surmonter, il mentionne la faiblesse des liens entre les militants du Nord et leurs bénéficiaires supposés du Sud, ainsi qu’entre eux et les mouvements sociaux traditionnels. Il est important, pour Jem Bendell, de corriger cette faiblesse car, après les succès initiaux du mouvement, les réactions se font de plus en plus vives.

L’étude se conclut par un débat sur le point de savoir si des entreprises responsabilisées permettraient d’affronter les problèmes systémiques liés au développement mondial. L’auteur introduit un nouveau concept qui déborde du cadre de l’entreprise et confère une responsabilité au capital lui-même. Ce concept de responsabilité du capital pourrait permettre aux progressistes qui travaillent dans les domaines bien distincts de la responsabilisation, de la responsabilité sociale des entreprises et de l’anti-mondialisation de trouver un terrain d’entente. Pour les y aider, les milieux des études du développement et la communauté internationale—y compris les Nations Unies—sont invités à s’attaquer de nouveau aux questions fondamentales telles que la nature du progrès, la démocratie économique et le rôle que peut jouer chaque individu, chaque organisation, pour mettre le capitalisme au service du développement mondial.

Jem Bendell est à la fois militant et consultant sur les questions de la mondialisation et du développement durable. Il travaille pour les secteurs privé, bénévole et intergouvernemental. Il a écrit articles et ouvrages sur la responsabilité des entreprises et les relations entre le secteur bénévole et les entreprises. Pour de plus amples informations, se rendre sur le site www.jembendell.com.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 6 Jun 2004
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8216
    From: UNRISD