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Foreign Direct Investment, Development and Gender Equity: A Review of Research and Policy



Ce document propose une synthèse de la littérature existante sur les rapports multiples entre les inégalités entre hommes et femmes et les investissements étrangers directs (IED), les expériences et les politiques en la matière. L'auteur évalue la littérature relative au genre et aux IED par rapport à une littérature plus vaste, traitant des IED et du développement économique, dégage de nouvelles pistes de recherche et débat des politiques à mener pour que les IED soient gérés de manière à favoriser le développement et l'équité entre les sexes.

La littérature empirique sur les rapports entre IED, croissance et développement est étonnamment hétérogène. L'auteur passe en revue les recherches faites sur l'incidence des IED sur l'investissement, la productivité, le commerce, l'emploi, les salaires et les conditions de travail mais ne retrouve que rarement les conclusions sans ambiguïté que la popularité des IED comme outil de développement semblerait annoncer. Cependant, malgré un certain nombre de questions restées en suspens et de contradictions apparentes, deux interrogations reviennent sans cesse. Premièrement, l'impact dynamique des IED reste dans une large mesure incompris. Même là où apparaissent des corrélations positives entre les IED et l'investissement, l'emploi ou les salaires, la question de savoir si l'impact est durable et comment il l'est, dans quelle mesure et en quoi les IED ont une incidence sur le processus et la trajectoire du développement est très peu analysée. Deuxièmement, les recherches dans lesquelles un consensus semble se dégager portent sur l'importance que revêtent les politiques menées et le contexte économique pour les IED lorsqu'il s'agit d'en déterminer l'incidence éventuelle.

Pour ce qui est des femmes et des IED, il est évident que les investissements étrangers dans les industries à forte intensité de main-d'œuvre, le plus souvent axées sur l'exportation, ont eu des répercussions importantes sur le travail et le développement des femmes. S'il y a eu une relation positive entre les emplois féminins et les IED dans les pays semi-industrialisés, de plus en plus d'indices tendent à prouver que les femmes perdent leur emploi au profit d'hommes plus qualifiés lorsque les industries se modernisent ou qu'elles sont reléguées de la chaîne de production au travail en sous-traitance lorsque la concurrence oblige les entreprises à limer constamment les coûts. Il est probable que les revenus des femmes s'améliorent à court terme lorsque les IED augmentent mais, à plus long terme, la trajectoire des salaires féminins est moins prometteuse. S'agissant de l'inégalité des salaires entre hommes et femmes, les conclusions des recherches sur les IED rejoignent celles d'autres recherches, qui montrent que le commerce ne réduit pas forcément l'écart entre salaires féminins et salaires masculins. La nature de la segmentation par sexe et de la répartition des hommes et des femmes selon les industries—les femmes sont concentrées dans des secteurs commerciaux soumis à une forte concurrence—et la forte mobilité du capital transnational contribuent à déterminer l'écart des salaires entre hommes et femmes. Si les investissements étrangers peuvent, dans l'absolu, entraîner une hausse des salaires des femmes, il semble moins probable qu'ils finissent par combler l'écart salarial entre hommes et femmes.

Des recherches sont encore nécessaires dans les domaines suivants:

 les IED dans le secteur des services, parce qu'une grande partie des recherches existantes porte sur le secteur manufacturier et que les services représentent une part de plus en plus importante des exportations des pays en développement
 la relation entre investissements étrangers et équité entre les sexes, notamment en trouvant d'autres moyens que les salaires et l'éducation pour mesurer l'équité entre les sexes
 une étude plus rigoureuse de la manière dont l'évolution changeante des structures de production internationales et la montée de la sous-traitance affectent les statistiques sur l'emploi des femmes et les conclusions que nous en tirons
 les rapports entre genre et IED dans le temps, pour parvenir à une meilleure compréhension à la fois des effets des IED sur l'équité entre les sexes et de l'impact du genre sur les IED
 enfin, recensement des cas dans lesquels les investissements étrangers ont eu des effets positifs sur les femmes et le développement, et recherche des raisons pour lesquelles il en a été ainsi, en étudiant en particulier le rôle des politiques publiques.

Abordant la question des politiques publiques et des IED, la dernière section du document passe en revue les politiques de gestion des IED dans les industries d'exportation à forte intensité de main-d'œuvre, secteur dans lequel les sociétés ont le plus de chances d'employer beaucoup de femmes. L'auteur explique qu'il existe des moyens de concevoir la politique des IED dans une perspective de sensibilité aux questions d'équité entre les sexes, et qu'il est essentiel d'intégrer cette perspective aux luttes visant à relier plus étroitement ce type d'IED au développement. La dernière section introduit une grille d'évaluation des politiques en matière d'IED, en les classant par rapport à leurs divers objectifs: attirer les IED, contribuer à la croissance économique ou favoriser l'équité entre hommes et femmes. Ces objectifs politiques peuvent se chevaucher et le font souvent, et trois tpyes de politique sont étudiées: celles qui relient les IED 1) à la croissance, 2) à la croissance et à l'équité, et 3) à l'équité. Parmi les politiques qui visent à la fois les IED et la croissance, l'auteur analyse celles qui avantagent les entreprises détenues par des nationaux. Pour celles qui pourraient relier les IED à la croissance et à l'équité, elle étudie les impératifs de performance, les incitations, la législation du travail et la régulation de la mobilité physique du capital. Pour ce qui est de l'équité en soi, elle fait valoir, cependant, que l'intervention la plus importante à laquelle puissent recourir les gouvernements consiste à augmenter la capacité de production des femmes et des filles, et à étendre les appuis sociaux dont elles disposent, elles et leurs familles, au moment de leur entrée sur le marché du travail. De telles politiques feront non seulement des femmes des travailleuses plus productives et ainsi mieux à même de profiter des avantages potentiels des IED, mais corrigeront aussi les structures qui sont à l'origine des inégalités entre les sexes.

  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 12 Jan 2006
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 92-9085-065-5
    From: UNRISD