1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

  • 0
  • 0

Back | Programme: Société civile et mouvements sociaux

Understanding the Evolving Diversities and Originalities in Rural Social Movements in the Age of Globalization



Cette étude a pour but de localiser le potentiel de développement des mouvements sociaux à l’ère de la mondialisation et, plus spécifiquement, d’expliquer comment une politique d’action collective au niveau local se transforme en mouvements sociaux ruraux pour influer sur l’ordre du jour national et international du développement et le modifier. Elle prend pour point de départ la diversité et l’originalité de la vie politique dans les campagnes, où la pauvreté est le facteur dominant et où la nature et l’orientation de la vie politique locale sont marquées, influencées et parfois déterminées par des processus et acteurs nationaux et internationaux. Son raisonnement est le suivant: dans la mesure où ces processus et acteurs exogènes (par rapport au milieu local) ont une incidence directe sur la nature et les résultats des processus de développement locaux, les mouvements sociaux locaux peuvent, par définition, avoir des retombées bien au-delà de leur ancrage immédiat car ils ont des répercussions sur l’ordre du jour national et international du développement et s’inscrivent eux-mêmes dans cet ordre du jour.

L’auteur considère que les mouvements sociaux des pauvres des campagnes sont de nature stratégique, présentent souvent une certaine cohérence et une certaine adéquation à leurs buts et objectifs et servent à infléchir les processus et résultats du développement dans un sens plus favorable aux pauvres. Il semble indiquer que la démocratisation liée aux réformes de la décentralisation, à la société civile et à la bonne gouvernance a ouvert aux acteurs locaux un espace politique qui, en leur donnant plus de latitude pour agir, leur permet de mieux travailler à la réduction de la pauvreté.

Dans l’introduction, l’auteur présente les principaux arguments de l’étude, qui concernent les mouvements sociaux, la pauvreté et l’action collective. Il passe ensuite à l’étude de la pauvreté en Inde et des problèmes rencontrés au cours des 30 dernières années faute d’une conceptualisation suffisante de la pauvreté rurale. Tout en traitant de la complexité de la pauvreté et de la diversité de ses formes et en rattachant ce discours à une analyse de la diversité et de l’originalité des actions collectives menées par les pauvres, il aborde la nécessité de reconsidérer le rapport entre pauvreté et mouvements sociaux.

Il présente ensuite la mondialisation comme un ensemble de forces diverses qui se répercutent sur les pauvres des campagnes et sur leur pauvreté. Ces forces jouent un rôle important dans la constitution des espaces politiques dans lesquels évoluent les pauvres; ce sont autant de processus susceptibles de favoriser chez les pauvres une interrogation sur telle ou telle dimension de leur pauvreté. Selon l’auteur, la mondialisation donne accès à des ressources qui peuvent ensuite être mises à profit dans les stratégies politiques de coopération, de négociation et de contestation par lesquelles les groupes ruraux remettent en cause leur pauvreté. Il considère les formes prises par les mouvements sociaux, les forces qui se dissimulent derrière eux aux niveaux local et national, leurs dirigeants et la nature de leur autorité et leurs modes d’organisation. Il introduit la notion de “pratiques organisationnelles” pour saisir la diversité des formes que peut revêtir l’action collective et montrer que la pauvreté est combattue de multiples manières et en bien des points de la sphère publique.

Dans son raisonnement, l’auteur laisse apparaître sa foi dans le pouvoir de la démocratisation d’infléchir la trajectoire du développement dans un sens plus favorable aux pauvres. Il prétend, non pas que le recul de la pauvreté tient uniquement aux pauvres et à leur mobilisation, mais que l’action des pauvres a une importance cruciale lorsqu’il s’agit de faire changer la pratique du jeu politique et d’obtenir l’adoption d’autres politiques au plan local ainsi qu’aux méso- et aux macro-niveaux. Il se sert de la notion de citoyenneté et du débat contemporain sur les droits comme angle d’approche du développement pour analyser l’aptitude des pauvres des campa-gnes à mener une action politique.

Si l’étude se nourrit des expériences d’action collective faites par des mouvements ruraux dans des pays et des continents dont l’histoire politique, la trajectoire du développement et les tradi-tions en matière d’études agraires sont très différentes, elle s’intéresse plus particulièrement au sous-continent de l’Asie du Sud où l’auteur a mené à bien la plus grande partie de son travail de terrain.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Feb 2004
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8178
    From: UNRISD