1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Multiculturalism, Universalism and the Claims of Democracy



L’auteur étudie ici les tensions qui existent entre universalisme et relativisme culturel et le rôle que joue la démocratie dans le règlement de ces tensions. Elle fait valoir que le relativisme culturel n’est pas pour le féminisme un allié utile. Si ceux (et celles) qui comprennent le mieux la signification et l’importance sociales des pratiques culturelles sont ceux (et celles) qui s’y sont engagé(e)s, la construction sociale des préférences et des aspirations peut signifier que ceux (et celles) qui sont les plus opprimé(e)s par une pratique donnée sont moins capables d’en discerner le caractère inégalitaire. Ne pas intervenir en matière de différences culturelles, c’est parfois finir par capituler devant un pouvoir social injuste. En même temps, les principes de justice et d’égalité se forment toujours dans des contextes historiques particuliers et traduisent souvent les préoccupations de groupes les plus puissants. Autrement dit, il faut toujours les considérer comme susceptibles d’être contestés, reformulés et modifiés.

Il s’ensuit que les principes, comme les politiques, devraient être définis avec la plus grande participation possible de tous les groupes concernés. En cherchant à établir quels droits devraient être jugés inaliénables ou quelles pratiques contraires à l’égalité entre hommes et femmes, il n’est pas possible de procéder par simple déduction à partir de principes supposés universels. On a toujours besoin du maximum de dialogue possible pour combattre les faux universalismes qui ont entaché la pratique dans le passé, ainsi que le “substitutionnisme” qui a permis à certains groupes de se présenter comme les porte-parole des autres. La sous-représentation persistante des femmes dans la plupart des instances où ces questions sont discutées apparaît alors comme un problème particulièrement pressant.

Face aux tensions entre universalisme et relativisme culturel, il importe donc d’assurer une plus large participation. Pourtant, il serait utopiste, estime l’auteur, d’attendre une démocratie sans exclusive aucune. Si les sociétés ne devaient reconnaître comme légitimes que les conclusions tirées avec la pleine et entière participation des hommes et des femmes, des jeunes et des personnes âgées, des puissants et des faibles à travers le monde, aucun droit ne pourrait plus être reconnu comme légitime, car on pourrait toujours contester la représentativité de ceux qui ont participé au débat. L’auteur plaide alors pour une “assez bonne démocratie” et conclut en énonçant plusieurs principes directeurs qui peuvent aider à déterminer quelles pratiques sont les plus indéfendables ou les plus contraires aux préoccupations d’égalité entre les sexes.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Dec 2001
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8186
    From: UNRISD