1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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New Directions in State Reform: Implications for Civil Society in Africa



Il existe un hiatus entre le discours de la société civile et les pressions visant à réformer l’Etat dans de nombreux pays d’Afrique. Tandis que, dans son discours, la société civile célèbre le pouvoir qu’ont organisations et groupes sociaux de participer aux changements institutionnels nécessaires à la démocratie et au développement, le débat sur la réforme de l’Etat met en garde contre un tel optimisme.
    L’auteur de ce document admet que des pressions constantes et éclairées de la part de groupes organisés de la société civile sont nécessaires à un changement des institutions et à la démocratisation. Il explique cependant que le développement économique et le changement social en Afrique ont entraîné une fragmentation des sociétés civiles et des discours et que ce schéma est le même d’un pays à l’autre. La contestation est importante. Mais si l’on ne s’attache pas à construire une réelle constitutionnalité et à renforcer les capacités du secteur public, elle peut entraîner l’effondrement de l’Etat ou l’anarchie - et non pas créer un pouvoir citoyen - comme on l’a vu récemment au Libéria, en Sierra Leone, en Somalie et en Afghanistan. Pour être efficace, la société civile devra renforcer ses propres capacités institutionnelles et étendre ses compétences en matière de défense des politiques.
      Il y a aussi des limites à ce que la pression des citoyens peut obtenir si le système de l’Etat lui-même n’est pas inclus dans les réformes institutionnelles. Les réformes très diverses du secteur public entreprises en Afrique ont des répercussions différentes sur la société civile. L’auteur examine l’éventail des réformes engagées actuellement pour sortir l’Etat de trois crises graves: crises des capacités, de la gouvernance et de la sécurité. Les réformes des capacités de l’Etat tendent à être axées sur le marché et la gestion, alors que les réformes touchant à la gouvernance et à la sécurité sont soucieuses d’équité politique et de participation. Elles appellent des formes d’engagement différentes de la part des groupes organisés de la société civile, des institutions de l’Etat et des décideurs.
      L’auteur s’intéresse aussi aux débats théoriques sur la notion de société civile. Il n’existe pas de définition de la société civile qui soit largement acceptée. Devrait-on par exemple compter dans la société civile les acteurs présents sur le marché ou, pourquoi pas, tous les établissements non publics? Dans quelle catégorie ranger divers groupes de citoyens tels que les organismes religieux, les groupes d’intérêt du secteur public ou les mouvements intégristes qui cherchent à imposer des pratiques qui n’ont rien de “citoyennes”? Cette question aussi prête à controverse.
      • Publication and ordering details
      • Pub. Date: 1 Sep 1999
        Pub. Place: Geneva
        ISSN: 1012-6511
        From: UNRISD