1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Global Economic Trends and Social Development



Ce document, qui fait le point sur le débat politique relatif aux questions du développement, examine aussi les perspectives économiques des pays en développement au début du XXIème siècle. L’auteur se pose plus précisément la question de savoir si les pays en développement seront en mesure d’atteindre les objectifs d’emploi et de réduction de la pauvreté que le Sommet mondial pour le développement social a fixés à Copenhague en 1995. Quelles politiques seront le plus efficaces à cet égard aux niveaux national et international?

L’auteur constate dans l’introduction que le Sommet social a coïncidé avec l’une des pires crises financières que les économies en développement aient connues jusque-là—la “crise de la tequila” mexicaine en 1994 et 1995. Malgré cette crise, les perspectives économiques immédiates des pays en développement en 1995 semblaient, selon lui, bien meilleures qu’elles ne le sont aujourd’hui, après les crises économiques et financières qui ont ébranlé récemment l’Amérique latine, l’Asie et la Russie. L’auteur note que, contrairement aux résultats inégaux obtenus par les économies des pays en développement dans la période qui a suivi le Sommet social, le débat sur les politiques a, à bien des égards, résolument avancé.

L’essentiel du document fournit une investigation systématique des facteurs qui feront que les pays en développement seront ou non capables d’éradiquer la pauvreté et d’atteindre le plein emploi avec une productivité et des salaires réels en hausse. Il s’intéresse plus précisément aux aspects suivants. Premièrement, il examine les statistiques économiques des pays en développement et les questions de politique que soulève cette analyse. Deuxièmement, il étudie les rapports complexes existant entre la croissance économique, le chômage, la réduction de la pauvreté et les inégalités de revenus sous un angle à la fois conceptuel et empirique. L’auteur analyse ainsi la notion de plein emploi; le rapport entre l’évolution des techniques et le chômage; l’importance économique de la révolution technologique qui s’est produite dans les domaines de l’information et de la communication et les théories du marché du travail sur le chômage et l’inflation. Troisièmement, l’auteur se penche sur le changement de la conjoncture historique et les conséquences à en tirer pour le développement économique et dans le débat sur les politiques de développement. Il s’attarde sur des thèmes qui l’amènent à traiter de diverses questions d’analyse et de politique:
  • Libéralisation et mondialisation—pourquoi, contrairement aux prévisions théoriques, de nombreux pays en développement ont-ils vécu la libéralisation et la mondialisation de manière plutôt négative? Pourquoi, par exemple, celles-ci ont-elles plus souvent entraîné des crises qu’une accélération de la croissance? Ces échecs sont-ils simplement le fait de politiques mal adaptées ou serait-ce plutôt que les mécanismes institutionnels de l’économie mondiale à l’heure de la libéralisation et de la mondialisation présentent, du point de vue des pays en développement, des vices plus profonds?
  • Le consensus de Washington—le consensus de Washington a-t-il échoué? Quelles leçons faudrait-il tirer de l’application de ce programme politique?
  • La crise financière et économique en Asie—selon une thèse très importante et influente sur la crise asiatique, l’échec des pays asiatiques pendant la période 1997-1999 est à imputer essentiellement au modèle dirigiste et corporatiste du capitalisme que suivaient beaucoup de ces pays. L’auteur procède à la critique de cette thèse.

Il ressort de ces analyses que les pays en développement ont besoin de taux de croissance tendanciels plus élevés, si possible d’environ 6 pour cent, ce qui correspondrait à leurs taux à long terme d’avant 1980. Ils pourraient ainsi parvenir et se maintenir au “plein emploi” productif au sens où l’entendait le Sommet social, c’est-à-dire accompagné de salaires réels et de niveaux de vie en hausse. Une croissance plus rapide contribuerait à réduire la pauvreté mais celle-ci est aussi la résultante d’autres variables importantes, notamment l’inflation, l’inégalité des revenus et de la répartition des avoirs, l’instabilité de la croissance économique et les politiques budgétaires gouvernementales. Les femmes, en particulier, subissent le contre-coup de l’instabilité macro-économique. Faute de systèmes de sécurité sociale suffisants, la charge de travail des femmes—travail rémunéré et non rémunéré confondu—augmente dans les périodes de récession économique. Pour atteindre les objectifs d’emploi et de réduction de la pauvreté fixés par le Sommet social, il faut donc non seulement une croissance rapide mais aussi une croissance de meilleure qualité.

La dernière partie du document met en lumière les carences des mécanismes institutionnels actuels de la libéralisation et de la mondialisation. Elle indique pourquoi et en quoi ces mécanismes empêchent les pays en développement d’atteindre des taux élevés de croissance économique, suggérant qu’en fait le régime actuel laisse à désirer aussi bien pour les pays en développement que pour les pays développés.

L’auteur explique que les principaux obstacles à une croissance économique plus rapide à long terme, dans les pays en développement comme dans les pays développés, se situent du côté non pas de l’offre mais de la demande. Le monde a, en principe, les capacités technologiques et intellectuelles et les ressources humaines et matérielles qu’il faut pour parvenir à la croissance rapide nécessaire à la réalisation des objectifs du Sommet social. Il estime que cette croissance ne deviendra réalité qu’avec l’adoption de la stratégie de substitution qu’il esquisse dans le document. Cette stratégie consiste à chercher à accélérer la croissance de la demande mondiale réelle par une expansion concertée de la part des pays industrialisés et l’introduction d’un régime spécial et différencié pour les pays en développement dans un certain nombre de domaines clés.

Pour résumer un argument essentiel de cette étude, disons qu’un régime keynesien mondial, dans lequel le commerce mondial serait géré et les mouvements mondiaux de capitaux maîtrisés, allié à une coopération internationale véritable et à des relations plus harmonieuses entre employeurs, employés et gouvernement au niveau national, a plus de chances de déboucher sur une croissance à la fois rapide et de qualité. Cela contribuerait au plein emploi et à la hausse des salaires dans les pays développés comme dans les pays en développement. Dans son analyse, l’auteur souligne l’importance des défauts de coordination du côté de la demande qui sont pour lui, plus que les carences de l’offre, les principaux obstacles au progrès économique. Pour que le taux de croissance de la demande mondiale réelle soit compatible avec les possibilités de production du côté de l’offre, il faut de nouvelles institutions qui s’attachent constamment à résoudre les problèmes de coordination à long terme.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Jun 2000
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 92-9085-030-2
    ISBN: 92-9085-023-X
    From: UNRISD