1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

  • 0
  • 0

Back | Programme: Démocratie, gouvernance et conditions de vie

Chicago’s Near South Side: Revisiting the South Loop and South Armour Square, 2001



La loi de 1949 sur le logement a érigé en politique nationale l’intention de “réaliser dès que possible…l’objectif d’un logement décent et d’un cadre de vie adapté pour toutes les familles américaines”. Pendant les 25 ans qui ont suivi, villes et Etats des Etats-Unis ont construit des centaines de milliers de logements pour les familles économiquement faibles, dont beaucoup sont financés par des subventions de l’Etat fédéral. Dans cette étude, David C. Ranney et Patricia A. Wright font valoir que des investissements sociaux d’une telle ampleur n’ont pu être consentis que grâce à la croissance ferme et rapide de l’économie américaine et à un accord politique entre entreprises, syndicats et gouvernement sur la nécessité de partager équitablement le produit d’une telle croissance.

Selon les auteurs, l’économie des Etats-Unis devait en grande partie sa croissance à l’accord de Bretton Woods de 1944, qui a joué un rôle crucial en guidant la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale et en dopant l’économie outre-Atlantique. Lorsque, la recons-truction de l’Europe presque achevée, l’effet dopant a commencé à faiblir, les démocraties in-dustrialisées ont connu une croissance molle et un chômage élevé. Dans les années 70, l’idée que la réglementation, la marque de l’ère de Bretton Woods (1944–1971), était devenue le principal ennemi de la croissance, s’est mise à gagner du terrain. Dans la révolution néolibérale qui a suivi, la politique du logement, et surtout la viabilité d’une solution consistant à utiliser des fonds publics pour construire des logements pour les groupes économiquement faibles, est devenue la cible d’attaques.

Cette étude retrace l’interaction des forces mondiales et locales à l’œuvre dans l’économie et expose les réponses politiques qu’elles ont suscitées et qui ont entraîné la perte de logements abordables pour les économiquement faibles près du quartier central des affaires à Chicago, Illinois, aux Etats-Unis. Les auteurs concluent notamment que le financement de l’urbanisation, que ce soit pour l’infrastructure, les transports ou le logement, est maintenant intégré aux mar-chés mondiaux des capitaux et que l’offre de ces mêmes biens en ville, notamment des loge-ments abordables, est déterminée par le rendement que ces placements offrent aux investisseurs à la recherche de bonnes affaires sur le marché mondial. En raison de ces pressions, les gouver-nements locaux, même lorsqu’ils ont la volonté de corriger des inégalités sociales historiques, ont peu de latitude pour s’allier aux forces sociales progressistes et atteindre leurs objectifs.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Nov 2004
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8186
    From: UNRISD