1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Pourquoi les soins sont importants pour le développement social (Synthèses de l’UNRISD sur les recherches et politiques )



Les activités de soins et d’assistance aux personnes, rémunérées ou non, contribuent au bien-être, au développement social et à la croissance économique. Mais les coûts des soins ne sont pas équitablement répartis entre hommes et femmes et entre les classes. Les familles, sous leurs diverses formes, sont en première ligne lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins de soins et d’assistance. Le défi consiste à élaborer des politiques qui les soutiennent et reposent sur certains principes essentiels: reconnaissance et garantie des droits des soignants et des soignés; répartition moins inégale des coûts sur l’ensemble de la société; et défense de soins professionnels, convenablement rémunérés et empreints de compassion.

Les activités de soins et d’assistance non rémunérées englobent les travaux ménagers (cuisine, ménage) et les soins aux personnes (toilette des enfants, assistance à une personne âgée et faible) exécutés dans les foyers et les communautés. Elles concourent au bien-être et à la croissance économique par la reproduction d’une main-d’oeuvre valide, productive, capable d’apprendre et d’innover. Dans toutes les économies et toutes les cultures, les femmes assument la plus grande part des soins non rémunérés. De plus, on estime que si l’on attribuait une valeur monétaire à ces travaux, ils représenteraient entre 10 et 39 pour cent du PIB.

Les enquêtes sur la population active ne tiennent pas compte des soins non rémunérés, malgré la valeur économique qu’ils représentent. Ils n’entrent pas non plus dans le calcul du PIB. Ils sont donc invisibles dans les représentations de l’économie qui dictent les politiques. Ils ne sont pas mentionnés non plus dans les Objectifs du Millénaire pour le développement bien qu’ils tiennent une grande place dans la réalisation de plusieurs d’entre eux (réduction de la mortalité infantile, lutte contre le VIH/sida, enseignement primaire, réduction de la mortalité maternelle).

Les services de soins et d’assistance rémunérés tels que la garde des enfants, les soins aux personnes âgées, les soins infirmiers et l’enseignement constituent aussi une part croissante de l’économie et des emplois dans de nombreux pays. Aux Etats-Unis, par exemple, les services de soins professionnels et domestiques qui représentaient 13,3 pour cent des actifs en 1900 en employaient 22,6 pour cent en 1998 (presque autant de travailleurs que le secteur manufacturier). En Inde, la libéralisation économique des dix dernières années s’est accompagnée d’une hausse sensible du nombre des employés de maison. Lorsque les activités de soins et d’assistance sont convenablement rémunérées et protégées, elles peuvent servir les intérêts des travailleurs comme des utilisateurs des services. Mais ce n’est pas souvent le cas.

Pourquoi la politique de développement devrait-elle s’intéresser aux soins? Certains insisteront sur leur importance pour la croissance économique, que ce soit par la contribution qu’ils apportent à la formation du "capital humain" ou comme composante d’un "investissement social". D’autres ont une vision plus large des soins, et les considèrent comme partie intégrante du tissu social et du développement social. La façon dont les sociétés règlent le problème des soins a aussi une incidence considérable sur les rapports et les inégalités entre hommes et femmes.

Il est plus urgent que jamais de s’employer à résoudre le problème des soins par des politiques publiques. L’entrée massive des femmes sur le marché du travail, qui est une tendance quasi mondiale, a réduit le temps qu’elles consacraient jusqu’à présent aux soins non rémunérés des proches parents et des amis. En même temps, le vieillissement de la population dans certains pays et des crises sanitaires majeures (en particulier le VIH et le sida) dans d’autres ont rendu plus aigu le besoin de services de soins. Dans de nombreux pays en développement où les systèmes de santé publique ont été gravement affaiblis pendant les décennies des réformes inspirées par la philosophie du marché, une grande partie de la charge des soins est retombée sur les femmes et les filles.

Les soins sont à la base du développement social et économique mais les dispositions prises à ce sujet dans les pays en développement ont été peu étudiées. Les recherches de l’UNRISD ont commencé à combler cette lacune.

Les Synthèses de l’UNRISD sur les recherches et politiques visent à améliorer la qualité du dialogue sur le développement. Elles replacent les recherches de l’Institut dans le cadre général des débats sur le développement social, font la synthèse des résultats et attirent l’attention sur des questions à prendre en considération dans le processus décisionnel. Elles fournissent ces informations sous une forme condensée qui devrait être utile notamment aux décideurs politiques, aux universitaires, aux militants et aux journalistes.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 5 May 2010
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1815-0845
    From: UNRISD