1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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The Sources of Neoliberal Globalization

  • Auteur(s): Jan Aart Scholte
  • Document no.: 8
  • Code: PP-OC-8
  • No. de pages: 38


En réfléchissant sur le sort futur du néolibéralisme, il est important de comprendre d’où vient cette doctrine et à quoi tient sa résilience. Il s’agit de connaître le passé et le présent pour définir l’avenir. A partir de cette idée, ce document rend compte des forces institutionnelles et des structures profondes qui ont fait que le néolibéralisme a tant marqué la mondialisation depuis 25 ans. Cette analyse se fait en quatre temps.

Après une brève introduction, l’auteur examine la mondialisation de plus près. Plus précisément, qu’est-ce qu’implique la mondialité? Il fait valoir que la mondialisation suppose le développement des connections transplanétaires—et en particulier supraterritoriales—entre les êtres humains. La mondialité est donc en premier lieu une caractéristique de la géographie sociale. Il faut donc maintenir avec la plus grande rigueur la distinction entre la mondialisation comme reconfiguration de l’espace social et le néolibéralisme comme politique particulière—et contestable—choisie pour aborder cette évolution.

L’auteur s’attarde ensuite sur le caractère des politiques néolibérales qui vont dans le sens de la mondialisation. A partir des observations faites en introduction, il dégage dans cette section les grands principes qui définissent les programmes politiques néolibéraux et passe brièvement en revue les conséquences générales qui leur ont été attribuées et qui concernent la sécurité humaine, la justice sociale et la démocratie. Il étudie également les initiatives prises récemment pour amender ou dépasser le consensus de Washington.

L’auteur entreprend ensuite de disséquer la dynamique responsable de la prééminence du néolibéralisme dans la gestion contemporaine de la mondialisation. Il l’explique par de multiples causes, notamment par les conditions qui règnent dans les domaines connexes de la gouvernance, de la production, du savoir et des relations sociales. En matière de gouvernance, les politiques néolibérales ont été surtout favorisées par le passage d’un encadrement par l’Etat à un encadrement décentré. Dans la production, la prééminence du néolibéralisme a résulté de certaines tournures prises par le développement capitaliste contemporain. Dans le domaine du savoir, le pouvoir général du rationalisme moderne et le pouvoir plus spécifique de la science économique ont donné à la mondialisation néolibérale des impulsions décisives. En ce qui concerne les réseaux sociaux, un tissu dense de relations entre les dirigeants au niveau mondial a aussi conféré au néolibéralisme une force considérable.

Enfin, l’auteur, dans sa conclusion, réfléchit sur les perspectives actuelles de la mondialisation néolibérale et sur ce qui la remet en question. D’une part, les répercussions néfastes du néolibéralisme sur la sécurité humaine, l’équité sociale et la démocratie apportent à l’opposition des arguments de poids en faveur du changement. D’autre part, des structures profondes et de puissants intérêts militent pour la poursuite de la mondialisation par le marché-roi. Dans ce cas de figure, il est possible d’anticiper la multiplication des luttes politiques que nous connaissons déjà.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 10 Oct 2005
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-816X
    From: UNRISD