1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Economic Policy Making and Parliamentary Accountability in Chile



La nouvelle démocratie chilienne s’est caractérisée essentiellement par l’adoption générale d’une approche consensuelle de l’efficacité en politique, la discipline budgétaire et le soin mis à éviter populisme économique et polarisation idéologique. Les technocrates, devenus très influents dans le jeu politique avant la transition, ont contribué à maintenir la stratégie pragmatique suivie depuis 1990. Cette étude fait valoir que, ironiquement, les politiques technocrates conventionnelles, en débordant du cadre de l’exécutif pour gagner le législatif, comme en témoigne la présence accrue d’économistes au Congrès, ont pu stimuler la transparence démocratique, rehausser le prestige politique du parlement et étendre les pouvoirs qu’il a de contester les décisions et choix politiques gouvernementaux dans un système ultra-présidentiel.

Bien que l’initiative d’établir le budget revienne exclusivement à l’exécutif et que le parlement lui-même n’ait pas de prérogatives constitutionnelles, celui-ci a participé davantage aux négociations pendant lesquelles s’élaborent les politiques, en particulier après les réformes du processus budgétaire introduites dans les années 1990. Les parlementaires économistes ont beaucoup contribué à tempérer la domination qu’exerçait l’exécutif en politique économique, en particulier en affirmant leur juridiction professionnelle sue les commissions du Congrès qui traitent de politique économique et dans les négociations informelles avec l’équipe économique du gouvernement.

Toutefois, ce n’est pas d’hier que la présidence de la République du Chili tente d’assurer son hégémonie sur les finances de l’Etat. De fait, la constitution adoptée sous le régime autoritaire d’Augusto Pinochet en 1980 n’a fait que réaffirmer bon nombre de règles budgétaires introduites lors de précédentes réformes constitutionnelles. Le cadre politique actuellement en place est remarquablement bien accepté et le Congrès a approuvé les dépenses proposées sans grande modification, sinon aucune, pendant toutes les années 1990. Bien que le gouvernement ait fait des concessions concernant la qualité et la périodicité des informations transmises aux parlementaires et ait pris plusieurs initiatives pour accroître la transparence et la rentabilité de ses dépenses, les parlementaires, insatisfaits, continuent de réclamer un contrôle plus étroit du processus budgétaire. Pourtant, les tentatives faites au parlement pour mettre en place des mécanismes permettant une analyse indépendante des politiques ont échoué et le Congrès n’a pas encore suffisamment accès au savoir, aux informations et aux ressources des experts pour être en mesure d’évaluer le mode d’élaboration de la politique économique. L’auteur estime donc que si l’on veut donner au parlement des pouvoirs plus réels et plus durables, il faudrait réviser les mécanismes institutionnels actuels, en particulier ceux qui touchent aux relations entre l’exécutif et le législatif et à l’organisation au sein du Congrès.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Dec 2003
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8178
    From: UNRISD