1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Back | Programme: Politique sociale et développement

Social Policy in a Development Context



L’auteur s’interroge ici en ces termes: Comment les politiques sociales peuvent-elles être utilisées afin d’améliorer les aptitudes sociales dans le cadre du développement économique sans abandonner, dans le processus, les valeurs intrinsèques des objectifs sociaux définis et supportés par les décideurs? La thèse développée est qu’il faut repenser la politique sociale et cesser de la considérer comme un parent pauvre, un de ces “filets de sécurité” qui ne sont là que pour pallier des échecs politiques ou un développement catastrophique. Il faudrait concevoir la politique sociale, dont la préoccupation première et générale devrait être le développement social, comme un outil primordial servant, au même titre que la politique économique, à assurer un développement équitable et socialement durable.

Plusieurs facteurs ont contribué au regain de l’intérêt dont a bénéficié la politique sociale dans le contexte du développement:

La redécouverte de la pauvreté dans le discours politique national et international.
La conscience du fait que ce n’est pas une donnée biologique, mais une capacité ou un potentiel résultant d’une construction sociale et d’un investissement délibéré dans le capital humain ou dans des mécanismes institutionnels, qui détermine la place d’individus de différents groupes sociaux sur les marchés du travail.
Le regain d’intérêt pour l’économie de la croissance et l’apparition de ce qu’on appelle “les nouvelles théories de la croissance”, qui admettent que le développement social recèle des outils cruciaux pour le développement économique.
Un intérêt pour l’équité sociale, à la fois comme instrument de promotion de la croissance et comme fin en soi.
Un intérêt d’autant plus vif pour la sécurité sociale que la mondialisation entraîne une plus grande instabilité des économies et fragilise des groupes d’individus de plus en plus importants.
L’expérience des pays tardivement industrialisés, dont l’histoire montre l’importance de la politique sociale.

Les conséquences de la mondialisation pour la politique sociale sont au centre des préoccupations, dans les pays développés comme dans les pays en développement. La mondialisation affectant la politique sociale aussi bien à un niveau normatif que pratique par un certain nombre de contraintes (budgétaires et commerciales), la politique sociale se doit d’être des plus attentive. A cela s’ajoute le fait que, de plus en plus, des acteurs transnationaux—des donateurs, des organisations non gouvernementales et des sociétés transnationales—sont amenés à fournir des services sociaux. Selon la nouvelle conception politique de l’Etat, son rôle est de créer “des conditions favorables” à la prestation de services par des acteurs privés tout en réduisant ses dépenses et ses activités dans le secteur social.

Recenser nombre d’arguments anciens et nouveaux prouvant que la politique sociale, alliée à la politique économique, peut déboucher sur le progrès socio-économique et reconnaître que les mesures qui contribuent au développement social améliorent aussi la productivité, ce n’est pas forcément les adopter. Bien des obstacles empêchent les idées nouvelles de se traduire en mesures politiques. Le premier tient à la prédominance d’une définition de la politique économique basée sur un modèle “meneur/suiveur” qui ne laisse à la politique sociale que le soin de remédier aux conséquences sociales. Le deuxième obstacle tient à des questions théoriques et empiriques non résolues. Le troisième, et sans doute le plus dur à surmonter, est d’ordre politique et idéologique. Les politiques sociales résultent de compromis et de conflits politiques. En conséquence, l’étude des politiques sociales dans des contextes de développement doit être attentive aux contextes politiques dans lesquels elles sont établies et appliquées.

On a besoin de recherches qui tiennent pleinement compte du contexte dans lequel se développent les liens entre les résultats macro-économiques et l’objectif fondamental qui est d’améliorer les conditions de vie des populations. A l’évidence, il est nécessaire aussi de combler le hiatus qui subsiste entre les conclusions théoriques et empiriques et la définition de la politique sociale, et entre les moyens et les fins. Ainsi, l’auteur plaide pour des recherches qui réunissent divers courants d’analyse et les encouragent à examiner de plus près leurs implications politiques selon les contextes politiques, économiques et sociaux.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Jun 2001
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8208
    From: UNRISD