1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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The Search for Policy Autonomy in the South: Universalism, Social Learning and the Role of Regionalism

  • Auteur(s): Norman Girvan
  • Document no.: 9
  • Code: PP-OC-9
  • No. de pages: 22


L’auteur fait valoir la nécessité pour le Sud de s’assurer une plus grande autonomie dans l’élaboration de ses politiques de développement et traite de certains facteurs qui contribueraient à la leur donner. Il applique l’analyse de l’économie politique à deux contextes historiques, celui de la décolonisation et celui de la mondialisation contemporaine. Dans la première partie, il développe la thèse suivante: dans les années 50, l’économie du développement, qui était alors une branche nouvelle de l’économie, a beaucoup contribué à l’autonomie des politiques menées dans le Sud en légitimant le principe selon lequel chaque économie devait être analysée en fonction de ses réalités propres et en justifiant les politiques qui cherchaient à renforcer les capacités industrielles. Les institutions du Sud et le système des Nations Unies ont aussi soutenu bon nombre de recherches empiriques locales et de travaux théoriques dans le monde en développement. Cependant, comme l’explique l’auteur dans la deuxième partie, avec la marginalisation de l’économie du développement et de ses politiques dans les années 80, il y a eu rupture dans les expériences accumulées par de nombreux pays du Sud en matière de politiques et une grande partie du capital intellectuel qui s’était constitué au cours des décennies précédentes s’est ainsi dilapidé. L’économie néoclassique et les politiques néolibérales ont exclu l’idée d’une économie sui generis pour les pays en développement. Toutefois, l’évolution qui s’est produite depuis la fin des années 90 a montré que ce triomphalisme était prématuré, car les mouvements sociaux mondiaux, les crises financières, les contradictions au sein du système de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le changement du climat politique au Sud ont eu pour effet de fissurer le consensus de Washington, de sorte qu’il y a à nouveau place pour des recherches académiques et pour une expérimentation des politiques, au Sud comme au Nord.

Dans la troisième partie, l’auteur explique que cet espace libre se trouverait encore enrichi si l’on poussait plus loin la remise en question du fondement épistémique des prétentions de l’économie néoclassique à l’applicabilité universelle. Il fait sienne l’idée que de telles prétentions sont liées à un eurocentrisme philosophique et à des analogies inappropriées entre sciences sociales et sciences physiques. Il plaide pour que l’économie soit analysée et les politiques élaborées dans leur contexte propre, avec la conscience de “l’universalité de la diversité” et du fait que l’économie réagit aux instruments de politique économique en fonction de facteurs très divers, politiques, sociaux, culturels et institutionnels.

La quatrième partie traite de ce que peut apporter le “savoir social”: le savoir inhérent à la société, qui réside à divers niveaux de cette société. L’auteur propose une synthèse de l’approche du “cycle de la politique”, en indiquant quels facteurs augmentent la fermeté du niveau d’“apprentissage et de changement technique”, approche dont un objectif précis est l’accumulation d’expériences, de savoir et de capacités d’intervention politique en matière de développement. La cinquième partie examine dans ce contexte le rôle du régionalisme au Sud. La dimension épistémique du régionalisme tient à l’accumulation de capacités locales de diagnostic et de prescription utiles à l’élaboration de la politique de développement, elle-même liée à une participation démocratique à la prise de décision aux niveaux national et régional (par exemple, à la formation de “communautés épistémiques régionales”). La dimension instrumentale du régionalisme réside dans les avantages de la coopération fonctionnelle entre gouvernements et de l’intégration des marchés: la première est d’une importance particulière pour les petits pays en développement. Le régionalisme a été considéré également comme un élément entrant dans la construction d’un monde multipolaire marqué par un développement équitable et par le respect de la diversité culturelle.

Mais le régionalisme n’est pas une panacée: il doit faire face à la diversité des intérêts des pays membres, qui tient aux différences de taille, de niveau de développement et de structure économique. L’auteur analyse l’expérience de la Communauté caraïbe (CARICOM) pour montrer qu’il faut résoudre de manière satisfaisante les questions touchant au choix entre souveraineté régionale et souveraineté nationale, au financement et aux dispositions en faveur des pays et zones défavorisés si l’on veut profiter pleinement des avantages du régionalisme.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 9 Oct 2005
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-816X
    From: UNRISD