1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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External Dependency and Internal Transformation: Argentina Confronts the Long Debt Crisis



Jorge Schvarzer analyse ici les répercussions structurelles de la crise de la dette extérieure qui a éclaté en Amérique latine au début des années 80 et dure encore aujourd’hui. En centrant son attention sur l’Argentine, il retrace les efforts tentés pour régler la crise et montre que, loin de résoudre le problème, ces efforts ont enchaîné peu à peu de nombreux pays, créant une espèce de “servitude par endettement” qui restreint considérablement leur aptitude à améliorer les conditions sociales.
    La crise de la dette en Argentine a commencé au début des années 70 avec l’abondance des crédits offerts par les banques transnationales aux pays de l’Amérique latine. Les conditions étaient minimales mais les banques se protégeaient dans une certaine mesure en faisant des prêts à court terme de manière à pouvoir adapter le taux d’intérêt à l’évolution du marché. Certains pays ont fait un usage productif de ces crédits. Sous le régime militaire argentin, cependant, ceux-ci ont surtout servi à soutenir le cours du change et à répandre sur une petite élite une manne de profits spéculatifs. La crise a éclaté en 1981 avec le changement de gouvernement et l’échec de cette stratégie financière douteuse.
      A cette époque, tous les emprunteurs ont vu leur situation se dégrader à la suite de la décision du conseil d’administration de la Réserve fédérale américaine de combattre l’inflation par de fortes hausses des taux d’intérêt. Ceux-ci ont triplé, atteignant 20 pour cent en 1981, et ont été appliqués à tous les prêts latino-américains à mesure qu’ils étaient renouvelés. Une telle charge n’était plus supportable. En 1982, le Mexique menaça de ne plus honorer ses engagements et fut rapidement secouru par une opération dirigée par le gouvernement des Etats-Unis. Entre-temps, les banques avaient tenté de désamorcer la crise, et de protéger leurs propres comptes, en prolongeant systématiquement la durée des prêts. La dette totale de l’Amérique latine commença à augmenter au rythme d’environ 20 pour cent par an, par le simple fait de la capi-talisation des intérêts, même si les banques n’accordaient pas de nouveaux prêts à d’autres fins.
      • Publication and ordering details
      • Pub. Date: 1 May 2000
        Pub. Place: Geneva
        ISSN: 1020-8208
        From: UNRISD