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Transnational Governmentality and Resource Extraction: Indigenous Peoples, Mutlinational Corporations, Multinational Institutions and the State



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Les institutions financières internationales (IFI), notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), ont encouragé activement les économies nationales à travers le monde à libéraliser leurs secteurs des hydrocarbures et des mines et ont financé cette libéralisation. Elles ont aussi pris fait et cause pour la coopération public-privé comme moyen de sensibiliser les entreprises aux problèmes liés aux projets d’extraction. Selon l’opinion courante, les collaborations public-privé entre les gouvernements, les IFI et les sociétés multinationales (SMN) améliorent les conditions de vie des populations en éliminant la pauvreté, en favorisant des formes durables de développement économique, en protégeant l’environnement et en faisant avancer les droits des populations autochtones.

Nombre d’IFI, ainsi que les Nations Unies, se sont inquiétées des effets néfastes des activités d’extraction sur les moyens d’existence et la culture des communautés autochtones. De nombreuses SMN de cette branche d’industrie ont aussi plaidé pour la création d’instances consultatives sans exclusive permettant aux populations autochtones de participer aux décisions qui affectent leur mode de vie. Ces nouvelles institutions donneraient aux populations autochtones le pouvoir de faire opposition aux projets dans lesquels elles voient une menace pour leur mode de vie, de les sanctionner ou de les reformuler, même s’ils sont recommandés par le gouvernement, des institutions internationales ou des SMN. En réponse à ces préoccupations, nombre d’institutions internationales et de gouvernements ont adopté une charte et des lois pour protéger et promouvoir les droits des populations autochtones.

Pourtant, les projets d’extraction minière approuvés et financés par des gouvernements, des SMN et des IFI ont pour les populations autochtones des conséquences lourdes et même d’une ampleur déconcertante. Il s’ensuit un paradoxe: la majorité des communautés autochtones sont de plus en plus dépossédées, en butte aux discriminations, à l’exploitation et au racisme, bien qu’à travers le monde le nombre de chartes internationales, de constitutions d’Etat et de lois nationales qui affirment et protègent leurs droits ne cesse d’augmenter. Cette étude approfondit ce paradoxe en créant un dialogue entre chercheurs ayant étudié de grands projets d’extraction de ressources en Australie, en Bolivie, au Canada, au Cameroun et au Tchad, en Inde, au Nigéria, au Pérou et aux Philippines.

Les auteurs de l’étude estiment que les partenariats public-privé étudiés ici ont finalement abouti à une confiscation des institutions et nuisent à la neutralité de l’Etat et à sa capacité de protéger les populations autochtones. Ils soulignent la nécessité pour les gouvernements et les institutions internationales de créer des instances consultatives sans exclusive qui donnent aux populations autochtones un droit de regard sur les décisions qui les concernent.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Sep 2008
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8194
    From: UNRISD