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Agrarian Research Institutes and Civil Society in Kazakhstan and Kyrgyzstan: In Search of Linkages



Comment faire pour que la société civile puisse mieux fonctionner avec les services de recherche et de vulgarisation existant au niveau local? Cette question est souvent posée dans les débats sur les politiques. Malcolm D. Childress s’y arrête à propos de la recherche agronomique et de la production agricole au Kazakhstan et au Kirghizistan. Les problèmes et difficultés soulevés par les relations entre la société civile et la recherche agronomique dans ces deux pays ne sont pas différents de ceux qui se posent dans de nombreuses régions du monde où la sécurité alimentaire, le recul de la pauvreté et la croissance dépendent essentiellement du développement agricole.

A cause de la privatisation, de la restructuration des exploitations agricoles, de la rupture des circuits de distribution soviétiques et du manque de capitaux des exploitants, les recherches sur la mise au point de technologies peu coûteuses, capables de répondre aux besoins locaux et ré­gionaux, correspondent à une demande au Kazakhstan et au Kirghizistan. Mais les systèmes de recherche agronomique s’inspirent encore largement du modèle institué pendant la période soviétique. Dans bien des cas, les essais dans les fermes, les recherches entreprises sous l’impul­sion des agriculteurs et l’adaptation des techniques aux considérations de coûts restent des notions nouvelles et étrangères aux chercheurs. Cependant, comme le montrent les études de cas, ces systèmes subissent des pressions qui les forcent à changer. Les exigences des agriculteurs et les impératifs de l’économie de marché se font de plus en plus sentir dans les milieux de la recherche agronomique.

Malgré ces pressions et des réductions importantes de personnel et de ressources, les systèmes de recherche agronomique—qui comptent encore des scientifiques de haut niveau—sont à l’avant-garde de la technologie et en contact avec des institutions mondiales. Cependant, comme le mon­trent les études de cas, leurs priorités en matière de recherche sont toujours déterminées par les intérêts géopolitiques et économiques nationaux, ne répondant guère, dans bien des cas, aux be­soins immédiats des agriculteurs. Ces instituts de recherche ont cependant un fort potentiel de médiation entre l’Etat, qui a ses propres objectifs pour le développement agricole et rural, la nou­velle classe d’exploitants familiaux qui s’est formée depuis la privatisation et le marché intérieur et international dont dépendent les débouchés des agriculteurs. Ce potentiel ne se réalisera plei­nement que si les systèmes de recherche se montrent capables d’abandonner les modes institu­tionnels d’établissement des priorités et de rétribution des chercheurs dont ils ont hérité et d’adapter leurs activités de recherche fondamentale et de diffusion aux exigences nouvelles des agriculteurs. La société civile a un rôle important à jouer en aidant les milieux de la recherche agronomique à s’adapter aux besoins du nouveau secteur agricole. L’expérience internationale que l’on a des rapports entre la société civile et la recherche agronomique fournit des exemples intéres­sants, révélateurs de la forme que pourrait prendre une telle transformation.

L’auteur parvient aux conclusions susmentionnées après avoir décrit les diverses activités et priorités du système de recherche agronomique, important au Kazakhstan, et plus modeste au Kirghizistan, qui cherche à travailler avec la société civile. Cet aperçu en dégage les caractéristiques essentielles, à savoir une baisse très sensible du financement des instituts de recherche, qui, voyant leurs fonds baisser, se disputent les ressources, et la persistance de la division secto­rielle des activités de recherche, instituée à l’époque soviétique. Il révèle en même temps l’immense valeur scientifique des programmes entrepris par les systèmes de recherche agronomique étatiques. La capacité scientifique de ces systèmes représente ainsi un bien public important dans les deux pays, même s’ils sont attaqués tant par le sommet (par la réduction des crédits) que par la base (car leur utilité est remise en question). Ce qui aiderait les systèmes de recherche à s’adapter en cette période difficile, ce serait de nouer des liens plus forts avec la population agricole au travers de leurs rapports avec la société civile. Il reste à savoir si cela se produira en douceur ou brutalement, ce qui reste difficilement prédictible. L’auteur se borne donc à suggérer des domaines dans lesquels des relations pourraient s’établir, en mettant en avant des exem­ples prometteurs au Kirghizistan et en se fondant sur des expériences faites ailleurs pour mon­trer quelles possibilités il y aurait de resserrer ces liens.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 1 Nov 2004
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8178
    From: UNRISD