1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Technology and Globalization: Modern-Era Constraints on Local Initiatives for Land Reform



Ce document se divise en quatre parties. La première donne un aperçu de quelques-unes des importantes réformes agraires de ce siècle. Il comprend un bref commentaire sur la féodalité en Europe durant les siècles passés, ainsi que sur les querelles foncières liées à la guerre civile américaine de lutte contre l’esclavage. Le régime foncier féodal et la lutte des paysans pour le droit à la terre ont été les facteurs clés de la révolution française. Aussi, bien que la guerre civile américaine fut au départ dirigée contre l’esclavage, il apparait que la composante “régime foncier” ait joué un rôle important. Les deux réformes foncières qui, au cours du siècle, ont eu des périodes de restructuration active variées, suivies de périodes d’une relative stabilité sont celles du Mexique et de la Russie. Dans les deux cas, il y a eu des changements fondamentaux ces dix dernières années.
    La seconde partie donne les grandes lignes et une discussion sur les différents niveaux de l’action politique (aux niveaux international, national et local) dans la mise en train de l’exécution des réformes agraires. Le rôle des Etats-Unis dans les réformes de l’Asie de l’Est—au Japon, Taiwan et Corée du Sud—comme celles de l’Amérique latine en est un exemple de premier ordre. Mais d’autres pays ont également été engagés dans de telles réformes. La Suède a été profondément engagée dans les réformes agraires réalisées en Ethiopie. Les Français et les Britanniques ont essayé de transformer des systèmes communaux variés d’exploitation de la terre en propriété foncière libre de type occidental dans certaines de leurs colonies africaines. L’Union Soviétique et la Chine ont essayé activement d’influencer la structure foncière de plusieurs nations nouvellement indépendantes, après la démission du colonialisme. De même, les agences spécialisées des Nations Unies et autres Organisations internationales, dont la FAO et la Banque mondiale ont tenu des conférences, offert de l’assistance technique et utilisé des formes variées de contraintes et pressions en Asie, en Afrique et en Amérique latine, pour encourager des politiques foncières considérées comme plus efficaces par rapport à celles existantes à l’époque.

    La troisième partie traite de la mondialisation des marchés et des économies, ainsi que des effets négatifs, que ce nouvel ordre économique peut entraîner, spécialement sur les initiatives locales orientées vers la promotion et la mise en oeuvre des réformes agraires. La mondialisation croissante, liée à la technologie moderne comme elle l’est, permet aux intérêts et forces des autres nations, ainsi qu’à ceux des sociétés multinationales économiquement fortes, de pénétrer profondément la vie et les décisions des gens au niveau local. Ces développements ont progressivement rendu difficiles toute action, décision et initiative des communautés locales, et des groupes d’intérêt. Toutes les économies, y compris celles des toutes grandes nations qui étaient largement autosuffisantes il y a une ou deux générations, sont aujourd’hui très dépendantes du commerce international. La conséquence de cette expansion du commerce est que les économies nationales cadrent de moins en moins avec la politique économique des pays. Cette situation rend la vie de plus en plus difficile aux responsables locaux, aux legislateurs nationaux et aux cadres executifs. Les gens demandent une action pour améliorer leurs conditions économiques, mais les actions nécessaires sont partiellement sous le contrôle des fonctionnaires. Les initiatives locales peuvent difficilement aboutir sans le soutien du plus haut niveau.

    La dernière partie tente de suggérer les innovations éventuelles aux niveaux national et international pour rendre le champ économique équilibré, afin que les initiatives locales de promotion et de mise en oeuvre de changements du régime foncier puissent ainsi être plus productives.

    Les institutions publiques comme privées opèrent au niveau transnational. Cela pourrait entraîner l’application de nouveaux codes de conduite dans l’exécution de leur politique économique. Nous ne pouvons, ni ne voulons, obliger un démantèlement de toutes les sociétés multinationales. Il y a, cependant, un terrible besoin de nouvelles règles obligatoires que les sociétés multinationales géantes se devraient d’observer tout comme des institutions internationales publiques tels le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. L’efficacité des actions locales n’est pas prête de revenir sans ces changements majeurs visant à aplanir le terrain de jeu.
    • Publication and ordering details
    • Pub. Date: 1 Jun 1999
      Pub. Place: Geneva
      ISSN: 1012-6511
      From: UNRISD