1963-2013 - 50 years of Research for Social Change

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Poverty and Prosperity: Prospects for Reducing Racial/Ethnic Economic Disparities in the United States



En raison d’une progression lente et inégale des rémunérations masculines et des revenus familiaux pendant un quart de siècle, la pauvreté et l’inégalité des rémunérations et des revenus familiaux se sont aggravées à la fin du XXème siècle par rapport à ce qu’elles étaient au début des années 70. La reprise économique a été soutenue pendant les années 80 et 90 mais, pendant ces décennies, la croissance économique n’a guère profité aux 40 pour cent les plus pauvres de la population.

Entre 1993 et 1999, le taux de pauvreté officiel a baissé chaque année, passant de 15,1 pour cent à 11,8 pour cent pour l’ensemble de la population, soit approximativement le taux de 1973, 11,1 pour cent. En 1999, le taux de pauvreté était de 23,6 pour cent pour les Afro-Américains et de 22,8 pour cent pour les Hispaniques, mais seulement de 7,7 pour cent pour les Blancs non hispaniques. Les Etats-Unis, comme nation, n’ont jamais été aussi riches, mais des millions de familles ont encore de la peine à joindre les deux bouts et les disparités raciales et ethniques demeurent sensibles.

Les auteurs étudient ici l’évolution des disparités raciales et ethniques dans l’emploi, les rémunérations et les revenus familiaux au cours du dernier quart du XXème siècle. Ils se penchent sur plusieurs domaines dans lesquels la persistance des inégalités raciales compromet les perspectives d’existence, notamment sur les disparités raciales en matière de richesses, sur la façon dont les perceptions de ces inégalités affectent le bien-être affectif, sur les perceptions de la discrimination raciale et les opinions sur l’intégration raciale. Ils proposent en outre un programme de politiques publiques pour réduire les disparités économiques entre les communautés raciales et ethniques.

Ils s’attardent d’abord sur le marché du travail, d’autant que la plupart des économistes s’accordent à penser que, si les inégalités se sont creusées pendant cette période, la cause principale en a été la valeur accrue des qualifications professionnelles aux yeux des employeurs. Autrement dit, les différentiels de rémunération entre les travailleurs les plus instruits et les moins instruits, entre les plus chevronnés et les moins expérimentés ont augmenté de manière spectaculaire.

Ils sont moins unanimes sur l’importance relative des diverses raisons pour lesquelles les différentiels de rémunération ont augmenté en fonction de l’éducation et de l’expérience et sur la mesure dans laquelle d’autres facteurs contribuent à creuser les inégalités. La plupart des aggravations des inégalités ne peuvent être attribuées à un facteur unique; plusieurs facteurs sont importants.

Si les progrès techniques, qui permettent d’économiser de la main-d’œuvre, ont provoqué une hausse de la demande en travailleurs qualifiés, capables de faire fonctionner un équipement perfectionné, ils ont en même temps réduit la demande en travailleurs peu qualifiés, dont beaucoup ont été supplantés par l’automation. Avec la concurrence mondiale, la demande mondiale en biens et services produits par des travailleurs américains qualifiés dans des industries de pointe et des services financiers a augmenté tandis que la demande en travailleurs employés dans les industries lourdes s’est ralentie.

Les travailleurs peu qualifiés se retrouvent de plus en plus en concurrence avec ceux des pays en développement, qui produisent pour des salaires bas. Avec l’immigration, la population active à bas salaire a augmenté de sorte que les emplois peu qualifiés sont très demandés. Les changements institutionnels, tels que la baisse de la valeur réelle du salaire minimum et l’effritement des taux de syndicalisation, ont aussi fait pencher l’économie dans le sens d’une plus grande inégalité des rémunérations.

Les auteurs concluent que, bien que de grands progrès aient été accomplis au cours des 40 dernières années, les classes et les races restent des lignes de fracture bien visibles aux Etats-Unis et que, vu l’évolution actuelle de l’économie et des politiques publiques, il est peu probable qu’elles s’estompent au cours des dix prochaines années.

Sheldon Danziger est professeur de politiques publiques, titulaire de la chaire Henry J. Meyer, et co-directeur du National Poverty Center à la Gerald R. Ford School of Public Policy, Université du Michigan. Deborah Reed est directrice du programme de la population et chargée de recherche à l’Institut des politiques publiques de Californie. Tony N. Brown est maître de conférences et enseigne la sociologie à l’Université Vanderbilt.
  • Publication and ordering details
  • Pub. Date: 25 May 2004
    Pub. Place: Geneva
    ISSN: 1020-8194
    From: UNRISD