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Société civile et mouvements sociaux, Document de programme 20: Le commerce équitable

21 Mar 2006

  • Author(s): Murat Yilmaz


Dans la première partie, l’auteur décrit les conditions socio-économiques qui sont à l’origine de l’émergence du commerce équitable et présente son développement jusqu’à nos jours. Dans la deuxième partie, il identifie dans l’évolution du commerce équitable un tournant important qui est l’adoption d’une stratégie d’extension basée sur l’intégration, par le biais d’organismes de labellisation, des produits équitables dans les circuits de la grande distribution. Par la suite, il mesure les impacts positifs et négatifs de cette intégration. En conclusion, il tente de voir si les impacts négatifs ne peuvent pas être atténués par le renforcement des liens entre le commerce équitable et l’économie solidaire.

Le commerce équitable en tant que mouvement social visant à contribuer au développement socio-économique des pays du Sud par l’établissement d’un échange commercial international plus juste et égal est caractérisé, depuis que ses produits ont intégré le circuit commercial traditionnel, par une tension interne décrite comme la confrontation de deux logiques. Le danger principal de cette intégration réside dans l’abandon progressif de certains principes de base. En effet, le commerce équitable est défini comme un outil au service du développement social conçu comme un accroissement des capacités d’autonomie. Mais la logique dominante semble devenir celle de l’efficacité économique. Pris dans cet engrenage, le commerce équitable doit aussi mettre la pression sur les petits producteurs du Sud pour qu’ils soient capables de répondre à la demande croissante.

D’après l’auteur, si le commerce équitable arrête d’accorder la priorité aux principes d’autonomie, d’autosatisfaction et d’autosuffisance, il risque en tant que mouvement social de ne pas atteindre ses objectifs de développement, au contraire il peut même contribuer au renforcement des mécanismes de dépendance.

Murat Yilmaz est sociologue à l’Université de Genève où il est en train de terminer un Diplôme d’études supérieures et spécialisées (DESS) en Globalisation, régulation sociale et développement durable et de préparer son projet de thèse.

Les commandes sont à adresser à l’UNRISD, 22 pages, 2005 (US$ 12 pour les lecteurs dans les pays industrialisés; US$ 6 dans les pays en développement et en transition et pour les étudiants).