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Social Policy and Development Programme Paper 5: Les politiques sociales en Afrique de l'Ouest: Quels changements depuis le Sommet de Copenhague?

24 Aug 2001

  • Author(s): Momar-Coumba Diop


Ce document propose une synthèse des résultats des recherches menées dans cinq pays africains (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal) afin d’identifier les changements de politique sociale intervenus depuis le Sommet sur le développement social, tenu à Copenhague en 1995.

Même si les pays concernés ont adopté les recommandations du Sommet, les activités de suivi ont été affaiblies en raison du manque de ressources humaines et financières. Il est donc très difficile de mesurer les impacts spécifiquement liés au Sommet de Copenhague, révèle l’étude.

Il est démontré que le renforcement des politiques néo-libérales aggrave la pauvreté. De plus, il est constaté que la pauvreté de masse s’est accentuée et sera difficile à réduire de manière significative à court terme sur la base des ressources exclusives des Etats. L’élément commun à tous ces pays est une mobilisation contre la pauvreté suite à l’élaboration de programmes de lutte. Cependant, les marges de manœuvre des Etats en matière de politique sociale sont très limitées par le poids du service de la dette et des dépenses militaires.

Il est constaté que l’éducation - suivie par la santé, l’eau et l’assainissement - reçoit la part la plus importante des crédits consacrés aux services sociaux de base (SSB). Une telle structure pose problème car une bonne partie de la population (48 % environ) n’a pas accès à une eau de qualité ou aux services de soins. Il est aussi démontré que les non-pauvres sont les principaux bénéficiaires des ressources publiques allouées aux SSB.

On repère une tendance à l’affaiblissement des institutions étatiques, suite aux phases dures des politiques d’ajustement dont la diminution des sociétés d’Etat ont constitué un aspect important. La politique économique des Etats est définie avec de moins en moins d’autonomie et les institutions de Bretton Woods interviennent de plus en plus dans les arbitrages économiques et politiques. De fortes pressions sont exercées pour restructurer les espaces nationaux en vue d’en faire des économies de marché flexibles et déréglementées.

Les coupes budgétaires observées en cours d’ajustement structurel ont provoqué un recul de l’emploi. L’arrêt du recrutement dans la fonction publique a bouleversé le marché du travail.

Or, les moins de 20 ans constituent une partie très importante de la population. Cette configuration appelle des réponses en matière d’éducation, de santé et d’emploi que les Etats ne sont pas en mesure d’apporter dans le cadre de leurs options politiques et économiques actuelles.

Momar-Coumba Diop est chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal).